La cotation en bibliothèque cumule trois opérations que les fournisseurs présentent souvent comme un seul poste : produire l’étiquette de cote, la protéger contre l’usure du prêt, et organiser physiquement la rangée pour que le lecteur retrouve l’ouvrage. Chacune fait appel à un équipement différent, avec sa propre logique de choix. Confondre les trois est la cause principale des erreurs de commande : un catalogue rempli de rubans Brother qui n’ont rien à voir avec les films de cotation, ou des intercalaires commandés sans serre-livres pour les maintenir. Ce guide sépare les trois étapes et précise ce que Nillor distribue pour chacune.

Trois opérations distinctes, trois familles d’équipements

Produire l’étiquette relève du marquage. L’agent tape le code de cote ou scanne un identifiant SIGB, l’étiqueteuse imprime le ruban, l’étiquette est collée au dos du livre. Les équipements concernés : les étiqueteuses Brother P-Touch, les rubans TZe laminés et non laminés, et les codes-barres personnalisés en laminé polyester.

Protéger l’étiquette relève de la protection adhésive. Une cote imprimée mais non protégée s’efface, se décolle ou se salit dans les premiers prêts. Les équipements concernés : les films de cotation filmolux® 126+ colorés, les rouleaux étroits de filmolux® 609 et 610, et les étiquettes pré-découpées filmolux® en quatre formats. Cette étape est celle qui s’oublie le plus souvent au moment de la commande.

Organiser la rangée relève du mobilier d’appoint. Une fois les livres cotés et classés, ils doivent tenir debout, se retrouver facilement, et supporter les vides temporaires liés aux emprunts. Les équipements concernés : les intercalaires BD, les serre-livres métal ou plexi, les pochettes fantôme, et la signalisation de rayonnage. Cette rubrique conditionne autant l’expérience du lecteur que la protection des ouvrages elle-même.

Produire l’étiquette de cote

Les étiqueteuses Brother P-Touch couvrent l’ensemble des besoins de cotation, du poste unique aux ateliers d’établissement. Le modèle PT-D410VP convient à la cotation quotidienne d’appoint. Le P-Touch P750W ajoute la connectivité wifi et NFC pour l’impression depuis un poste distant ou une tablette, avec une largeur maximale de ruban de 24 mm. Le PT-D460BTVP et le PT-D610BTVP (écran couleur, largeur 24 mm) montent en gamme pour les postes en service continu. Pour les rubans jusqu’à 36 mm, le PT-D800W ou le PT-P900WC wifi équipent les ateliers qui cotent également le mobilier ou la signalisation. Ces titreuses figurent dans le parc de machines destiné aux bibliothèques, aux côtés des plastifieuses et des laminateurs.

Les rubans TZe laminés Brother sont conçus pour la durabilité en environnement de prêt : les caractères sont pris entre deux couches de polyéthylène, ce qui les rend indestructibles au frottement et à l’humidité. Les largeurs disponibles vont de 6 à 36 mm, dans de nombreux coloris (noir/blanc, noir/transparent, blanc/noir). Les rubans non laminés TZe existent en 12, 18 et 24 mm pour les applications où la durabilité n’est pas critique. Un ruban de nettoyage TZeCL4 entretient les têtes d’impression.

Pour les fonds équipés en codes-barres, Nillor propose des étiquettes laminées polyester personnalisées, à partir de 2000 exemplaires minimum. Les lecteurs SC-6000, CCD Touch 65, LED DC 3003 2D sans fil et OPR 2001 complètent la chaîne côté saisie. Sur un même ouvrage, le code-barres cohabite fréquemment avec un dispositif antivol ou une étiquette RFID : les contraintes de pose se traitent alors ensemble, comme détaillé côté sécurisation du fonds.

Protéger l’étiquette une fois collée

Une cote papier collée directement sur la couverture ne tient pas au frottement du rayonnage ni aux manipulations du prêt. La protection par film est ce qui fait la différence entre une cote lisible à trois ans et une cote refaite tous les six mois.

Le filmolux® 126+ est le film de cotation dédié : PVC souple coloré 80 µ mat, disponible en neuf coloris, laizes de 2 ou 3 cm, permet l’écriture au feutre permanent. Ses coloris servent au classement par couleur, une pratique courante en section jeunesse ou en organisation thématique. Il se pose à la main ou au dévidoir de table TA3, le même appareil que celui utilisé pour découper les rubans de réparation des ouvrages à la longueur voulue.

Pour les cotes transparentes qui doivent conserver la lisibilité de l’étiquette imprimée, le filmolux® 609 et le filmolux® 610 existent en rouleaux étroits. Le 609 est le standard universel, le 610 apporte l’adhérence supérieure nécessaire sur les couvertures toilées ou rugueuses. Le choix entre les deux se fait sur le support d’application, pas sur la cote elle-même.

Les étiquettes pré-découpées filmolux® couvrent le besoin le plus fréquent : protéger cote et code-barres en un seul geste. Quatre formats répondent aux dimensions courantes : 30 × 70 mm, 30 × 110 mm, 50 × 110 mm et 46 × 61 mm, en bobines. Pour les codes-barres spécifiquement, privilégier une référence sans plastifiants (filmolux® libre, libre organic, filmomatt® libre) pour ne pas gêner la lecture optique. La même logique de compatibilité vaut pour le filmage des couvertures, réalisé en série sur une machine à plastifier les livres.

Organiser physiquement la rangée

Une fois les livres cotés, protégés et classés, ils doivent tenir en place. Deux familles d’accessoires y contribuent : les serre-livres et les intercalaires.

Les serre-livres métal (paire) et plexi (unité) maintiennent les ouvrages debout aux extrémités d’une rangée ou dans les espaces libérés par les emprunts. Les chevalets et présentoirs plexi complètent la panoplie pour les mises en avant d’ouvrages ou de documents. Le choix entre métal et plexi se joue sur la visibilité recherchée : le plexi laisse voir la reliure des ouvrages voisins, le métal est plus discret et plus économique en grand nombre.

Les intercalaires à BD en PVC 2 ou 3 mm, au format 250 × 355 mm, existent avec ou sans onglet. Avec onglet, ils portent la signalisation d’un sous-classement (série, auteur, thème). Sans onglet, ils marquent une séparation physique dans la rangée sans afficher d’information. Pour les emprunts en cours, les pochettes fantôme PVC à onglet remplacent le livre absent et affichent l’information d’emprunt, ce qui évite au lecteur suivant de chercher un ouvrage physiquement présent mais indisponible.

Cas particulier : les rangées à géométrie variable

Certaines rangées ne se stabilisent pas avec les équipements standards. Les albums illustrés grand format tombent des serre-livres classiques calibrés sur du roman. Les BD hors normes (mangas, comics grands formats, one-shots) mélangent des hauteurs incompatibles dans une même rangée. Les fonds patrimoniaux à formats hétérogènes demandent une organisation par tranches plutôt qu’une signalisation par cote, et relèvent souvent du petit matériel d’archivage et de conservation plutôt que du mobilier de rayonnage courant.

Pour ces cas, l’arbitrage se fait cas par cas. Les intercalaires en 355 mm couvrent la majorité des BD et une signalisation renforcée en tête de rayonnage compense l’absence de cote lisible. La fluidité de la cote vers le prêt reste la boussole : si le lecteur trouve son ouvrage sans intervention d’agent, la cotation fonctionne. Sinon, il faut revoir soit l’étiquetage, soit l’organisation, soit les deux. Cette continuité entre classement et prêt fait le lien avec la gestion opérationnelle des prêts et emprunts.

La commande cohérente pour un poste de cotation complet

Un poste de cotation opérationnel réunit trois catégories d’équipements. Côté marquage : une étiqueteuse Brother P-Touch avec deux à trois références de rubans TZe adaptées aux formats de cote de l’établissement. Côté protection : un film filmolux® 126+ pour la cotation colorée, ou des rouleaux étroits de filmolux® 609 pour la cotation transparente, plus des étiquettes pré-découpées pour les cotes et codes-barres standards. Côté organisation : des serre-livres et des intercalaires calibrés sur les hauteurs et largeurs du fonds. En collectivité, cette liste sert directement de base au cahier des clauses techniques particulières, où chaque poste doit être décrit assez précisément pour que les offres reçues soient comparables.

Aucun prix ne figure dans nos catalogues : le devis se demande par téléphone au 01 49 62 03 80 ou par mail à [email protected], en précisant le volume de cotes à produire par mois et les typologies d’ouvrages du fonds. Cette précision oriente les recommandations sur les modèles d’étiqueteuse et les métrages de films à prévoir. Le minimum de commande est de 80 € HT. Pour un renouvellement complet de poste, cet investissement s’inscrit le plus souvent dans une enveloppe d’équipement dont les sources de financement et de subvention se préparent en amont de la commande.

Questions fréquentes

Une étiqueteuse Brother suffit-elle ou faut-il aussi un logiciel dédié ?

Une étiqueteuse Brother P-Touch fonctionne en autonome avec sa saisie clavier intégrée. Pour une cotation en lien avec le SIGB, les modèles wifi (P-Touch P750W, PT-P900WC) autorisent l’impression depuis un poste équipé du logiciel adéquat. Le choix dépend du volume et de l’organisation du poste de cotation, pas d’une contrainte technique.

Faut-il protéger toutes les cotes, même celles imprimées sur ruban laminé ?

Les rubans TZe laminés Brother sont conçus pour résister au frottement et à l’humidité, ce qui les rend nettement plus durables qu’une étiquette papier. La protection par film reste utile pour les fonds à fort taux de prêt ou pour les codes-barres exposés à la lecture optique répétée, où le moindre défaut de surface peut gêner la lecture. Sur les fonds courants, un ruban TZe laminé sans surprotection peut suffire.

Quel écart entre filmolux® 126+ et rouleaux étroits de filmolux® 609 pour la cotation ?

Le filmolux® 126+ est un film coloré mat qui permet l’écriture directe au feutre permanent : la cote se marque à la main sur le film lui-même. Le filmolux® 609 en rouleau étroit est un film transparent qui protège une cote imprimée collée en dessous. Deux logiques différentes : marquer sur le film pour le 126+, protéger un marquage antérieur pour le 609.

Combien d’intercalaires prévoir pour une rangée de bandes dessinées ?

Un intercalaire par sous-classement significatif : par série, par éditeur ou par genre selon l’organisation de l’établissement. Sur une rangée de BD généraliste, la densité varie de un intercalaire tous les vingt ouvrages pour un classement fin à un intercalaire tous les cinquante ouvrages pour un classement large. L’arbitrage se fait selon la fréquence de recherche autonome par le lecteur.

Serre-livres métal ou plexi pour un fonds jeunesse ?

Les deux sont pertinents. Le plexi laisse voir la couverture des ouvrages voisins, ce qui aide un jeune lecteur à repérer visuellement un livre familier. Le métal est plus économique en grande quantité et se remplace facilement en cas de perte. Beaucoup de sections jeunesse mélangent les deux : plexi en bout de rayonnage pour la visibilité, métal en séparateur intérieur.

Une pochette fantôme est-elle utile si le SIGB gère déjà les emprunts ?

Oui, pour le lecteur physiquement présent en rayon qui cherche un ouvrage. Le SIGB indique le statut à l’écran, la pochette fantôme donne l’information sur place, à hauteur d’œil, sans intermédiaire technologique. C’est un gain de médiation directe, particulièrement utile pour les sections où le lecteur navigue par flânerie plutôt que par recherche ciblée.